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Bois modifié thermiquement ou bois massif non traité : choisir pour l'extérieur en Suisse

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Bois modifié thermiquement ou bois massif non traité : choisir pour l’extérieur en Suisse

Le bois modifié thermiquement est du bois massif. Il sort du même tronc, il a été scié de la même façon, puis il est passé plusieurs heures dans une enceinte chauffée entre 190 et 212 degrés selon la classe de produit. Opposer « thermo-traité » et « massif » revient donc à comparer un traitement à une catégorie de matière. La question utile est autre : pour une terrasse, un bardage, une clôture ou un banc exposé à la pluie en Suisse, faut-il une essence naturellement durable, une essence modifiée thermiquement, ou simplement une conception qui empêche l’eau de stagner ?

Cette page part de la méthode de Lignum, l’organisation faîtière de l’économie suisse du bois, puis de la documentation technique de l’association qui détient le procédé ThermoWood. Elle donne les classes normatives, les températures réelles, ce que le traitement améliore, ce qu’il dégrade, et l’obligation de déclaration qui s’applique au vendeur.

La réponse courte

Pour un usage extérieur sous abri ou une façade ventilée, une essence naturellement durable comme le mélèze ou le Douglas convient, à condition que le duramen soit bien sélectionné. Pour des lames de terrasse soumises à des périodes d’humidification prolongées, c’est la classe Thermo-D qui est recommandée par le producteur du procédé, pas la classe Thermo-S. Pour tout ce qui touche la terre ou l’eau douce, ni le mélèze, ni le Douglas, ni le bois modifié thermiquement ne conviennent : le bois modifié est explicitement déconseillé dans ce cas, et la norme oriente vers une essence de classe 1 ou une imprégnation profonde.

Pour tout ce qui porte une charge, garde-corps, poteau de pergola, solive de terrasse, le bois modifié thermiquement est hors jeu. La documentation ThermoWood est catégorique sur ce point : ces produits ne sont pas disponibles en bois classé pour la résistance et ne doivent pas être utilisés dans des structures porteuses.

Deux normes avant tout achat

Lignum s’appuie sur deux textes qu’il faut lire ensemble. La norme SN EN 335:2013 définit les classes d’emploi, c’est-à-dire la sollicitation réelle subie par l’élément une fois posé. La norme SN EN 350 fournit la durabilité du duramen face aux champignons et aux insectes. L’une décrit l’environnement, l’autre le matériau. Un achat se décide en croisant les deux.

Les classes d’emploi retenues en Suisse

Lignum retient quatre classes d’emploi, la cinquième concernant la construction marine sans objet ici. Le classement se fait selon l’humidité du bois et la durée d’exposition.

La classe 1 couvre l’intérieur : bois sans contact avec la terre, sous couvert, humidité comprise entre 10 et 18 %. La menace est limitée aux insectes, et aucun traitement préventif n’est nécessaire pour les éléments restés visibles et faciles à contrôler.

La classe 2 couvre les situations sous abri avec humidification occasionnelle au-dessus de 20 % : locaux humides, lambris de façades protégées, sous-toitures apparentes, éléments de balcon sous avant-toit. Le risque est le bleuissement et les moisissures, pas encore la pourriture.

La classe 3 couvre l’extérieur non couvert, sans contact avec la terre. Lignum la découpe en deux sous-classes utiles au moment de choisir : la 3.1 pour les petites sections de moins de 25 mm, lambris de façades non protégées, éléments de clôtures minces, où l’eau peut s’écouler et où le risque de pourriture reste faible ; la 3.2 pour les sections moyennes à grandes, volets, balcons sans protection constructive, pergolas, fenêtres, où pourriture, bleuissement et usure par les intempéries sont attendus. Pour les volets, les balcons non protégés et les fenêtres de cette classe 3.2, Lignum ne retient en bois non traité que les classes de durabilité 1 et 2. Pour une pergola, la classe 3 est tolérée avec réserve.

La classe 4 couvre le contact permanent avec la terre ou l’eau douce, humidité supérieure à 20 % en permanence : poteaux, seuils, palissades, sciages dans des fondations non ventilées. Pour un poteau enterré, Lignum déconseille le bois non traité et renvoie à une imprégnation de classe P6, avec une pénétration minimale de 20 mm dans la grume. C’est la classe où les solutions de bricolage échouent le plus vite.

Les classes de durabilité et ce qu’elles valent chez nous

La norme EN 350 classe la durabilité naturelle du duramen sur cinq degrés, de 1 pour très durable à 5 pour non durable. L’aubier de toutes les essences se range en classe 5, quelle que soit l’essence : c’est une précision décisive, car une lame de mélèze riche en aubier ne vaut pas la classe annoncée pour le mélèze.

Parmi les essences disponibles en Suisse, le mélèze et le Douglas se situent en classe 3 à 4, faiblement à moyennement durables. Le chêne et le châtaignier atteignent la classe 2. Le robinier figure parmi les essences indigènes les plus durables. L’épicéa et le sapin blanc sont en classe 4, le hêtre et le frêne en classe 5. Les chiffres détaillés par essence, avec les masses volumiques et les retraits, sont rassemblés dans le guide des essences de bois et leurs propriétés.

Le croisement est alors mécanique. Une lame de terrasse en épicéa, classe 4, posée en classe d’emploi 3.2, est un mauvais choix qui ne tiendra pas sans traitement. Un banc de jardin en mélèze sous avant-toit, en classe d’emploi 2, est parfaitement raisonnable. Une palissade en contact avec la terre demande autre chose que du mélèze.

Ce que la modification thermique change réellement

Le procédé industriel le plus documenté est le ThermoWood, développé par le centre de recherche technique finlandais VTT et exploité par l’International ThermoWood Association. Sa documentation technique 2025 donne les chiffres, et elle a l’avantage d’être publiée par la partie qui a intérêt à vendre le produit : quand elle signale une limite, cette limite est solide.

Le procédé, en températures réelles

Le traitement se fait en trois phases : séchage à haute température, modification proprement dite, puis refroidissement et reconditionnement en humidité. La température minimale de modification reconnue est de 160 degrés. Deux classes de produits existent. La classe Thermo-S est traitée à 190 degrés à plus ou moins 3 degrés. La classe Thermo-D, destinée aux usages extérieurs les plus exposés, monte à 212 degrés. La couleur brune n’est pas une teinture : elle vient de la transformation chimique du bois sous l’effet de la chaleur, et elle traverse la pièce.

Aucun produit chimique n’entre dans le procédé. C’est l’argument central du matériau et il est exact. Il ne dispense pas de vérifier l’essence et la provenance, qui relèvent en Suisse d’une obligation du vendeur.

Ce qui s’améliore

L’humidité d’équilibre du bois baisse nettement. Pour l’épicéa modifié à 220 degrés, la documentation indique une humidité d’équilibre réduite de moitié par rapport à l’épicéa non traité, et l’écart se creuse quand l’humidité relative de l’air augmente. Cela compte parce que les champignons lignivores deviennent actifs au-dessus de 20 % d’humidité du bois : un matériau qui reste durablement sous ce seuil, quelle que soit l’humidité de l’air, est protégé par sa physique plutôt que par un biocide.

Le gonflement radial et tangentiel diminue fortement, ce qui se traduit par moins de tuilage, moins de fentes et des lames qui gardent leur géométrie sans finition de surface. La résistance à la compression parallèle aux fibres n’est pas réduite ; elle est même supérieure à celle du bois standard selon les essais publiés. La dureté Brinell augmente légèrement avec la température, mais l’écart est décrit comme trop faible pour avoir un effet pratique.

Ce qui se dégrade

C’est la partie que les fiches commerciales abrègent. La masse volumique diminue, parce que le bois perd une partie de ses composés pendant le traitement, et la résistance à la flexion suit en partie cette baisse. Surtout, la résistance au choc chute : des essais sur de l’épicéa modifié à 220 degrés pendant trois heures montrent une résistance dynamique réduite d’environ 25 % par rapport au bois non traité. Un plateau de table qui reçoit un objet lourd, un barreau de banc, une lame qui encaisse une chute, ce sont exactement les situations où cette perte se voit.

De là découle une règle rarement affichée en rayon : ces produits ne sont pas commercialisés en bois classé pour la résistance mécanique et ne doivent pas être employés dans des structures porteuses. Un poteau de pergola, une solive, un limon d’escalier extérieur, un montant de garde-corps ne se font pas en bois modifié thermiquement. La documentation du procédé le dit sans nuance.

Le tableau d’usages publié par le producteur du procédé

La documentation ThermoWood associe explicitement classes de durabilité EN 350 et classes d’emploi EN 335. Pour la classe d’emploi 1, intérieur sec, lambris intérieur et mobilier, Thermo-S et Thermo-D conviennent. Pour la classe 2, intérieur exposé à l’humidité et à la condensation, revêtements, plafonds et sauna, les deux conviennent également. Pour la classe 3.1, humidification limitée, fenêtres et portes, les deux sont admis. Pour la classe 3.2, humidification prolongée, bardage et lames de terrasse, seule la classe Thermo-D est recommandée.

Pour les classes 4 et 5, contact direct avec le sol, l’eau douce ou l’eau salée, la documentation indique que le produit n’est pas recommandé pour des structures en contact direct avec le sol ou l’eau. C’est une limite franche, et elle invalide une idée répandue : un bac à plantes ou une jardinière en bois modifié thermiquement, posé à même la terre et rempli de substrat humide, travaille en classe d’emploi 4. Le matériau n’est pas fait pour cela. Si la construction isole le bois du substrat avec un liner drainant et repose sur des pieds qui la décollent du sol, la situation redevient gérable.

Le traitement de surface reste conseillé

Le matériau reste sensible aux ultraviolets. Sans finition, il grise comme n’importe quel bois exposé, et de la moisissure superficielle peut apparaître sur la surface sous l’effet de la pluie et des poussières atmosphériques. Cette moisissure est décrite comme superficielle et s’enlève en essuyant ou en grattant. La documentation recommande malgré tout une finition protégeant contre l’humidité, l’érosion et les UV pour un produit exposé aux intempéries, en particulier dans les climats chauds et humides.

Autrement dit, le traitement thermique règle la stabilité dimensionnelle et la durabilité biologique, pas l’aspect. Pour le choix entre une huile pénétrante et un film, le comparatif entre vernis et huile pour le bois détaille les deux logiques, et les finitions à l’huile dure conviennent bien à un support qui bouge peu.

Le marché : un produit de niche, pas un standard

La production ThermoWood déclarée par l’association pour 2025 s’établit à 312 267 mètres cubes, contre 285 305 l’année précédente et 18 799 en 2001, première année de la série. Le cumul sur la période 2001-2025 dépasse 3,5 millions de mètres cubes. C’est une croissance nette et continue, mais cela reste un volume modeste à l’échelle des sciages européens.

Conséquence pratique pour un particulier en Suisse : l’offre en Thermo-D se limite souvent à quelques profils de bardage et de lames de terrasse, en pin ou en épicéa nordique. Les grandes sections et les essences feuillues sont rares. Si un projet réclame une section inhabituelle, le bois modifié thermiquement n’est probablement pas la bonne voie.

La mesure qui compte le plus : la conception

Lignum est explicite sur la hiérarchie des mesures, et c’est le point le plus rentable de tout le sujet. Pour le bois en extérieur, il convient d’appliquer en premier lieu les mesures de préservation par la construction, afin de garantir une teneur en eau moyenne inférieure à 20 %. Dans ce cas, il n’est généralement pas nécessaire de prendre d’autres mesures physiques ou chimiques.

Les mesures viennent dans cet ordre : d’abord la construction, c’est-à-dire l’architecture, les détails d’exécution et le choix du matériau ; ensuite les mesures physiques, séchage, traitement de surface, hydrophobisation et modification du bois ; ensuite seulement les mesures chimiques, c’est-à-dire l’imprégnation en autoclave ; enfin les mesures organisationnelles, protection du chantier et entretien en exploitation. La modification thermique est donc une mesure physique de deuxième rang, jamais un substitut à une conception correcte.

Les principes constructifs retenus par Lignum se transposent directement à un meuble ou à une terrasse :

  • Toutes les parties en bois doivent, dans la mesure du possible, être ventilées.
  • Les surfaces exposées aux intempéries doivent être biseautées ou munies d’une goutte pendante, afin que l’eau s’écoule et s’égoutte sur le bord inférieur.
  • Les joints en bois de bout ne doivent pas être en contact, mais rester ventilés : pas de surfaces jointives qui retiennent l’eau et créent des remontées capillaires.
  • Les sections de plus de 27 mm sèchent plus lentement ; les éléments porteurs de grande dimension devraient être protégés par un revêtement ventilé, avec au besoin des pièces d’usure facilement remplaçables dans les zones de projection d’eau.
  • Le pied d’ouvrage exposé aux intempéries doit être protégé de l’humidité.

Un banc dont les traverses sont vissées à plat contre les pieds, sans jeu ni ventilation, pourrira à la jonction même s’il est en mélèze ou en Thermo-D. Un banc dont les pièces sont séparées par des rondelles, décollé du sol, avec des chants biseautés, tiendra en épicéa traité bien plus longtemps. La géométrie décide davantage que l’étiquette du matériau.

Le climat suisse, sans généralités

Les contraintes varient fortement selon l’altitude et l’exposition, et il vaut mieux raisonner par sollicitation que par saison.

L’alternance humide et sec est la contrainte principale. Ce n’est pas le gel seul qui fissure, c’est le cycle : le bois absorbe, gonfle, sèche, retire, et les fibres de surface finissent par se rompre. C’est précisément sur ce mécanisme que la modification thermique apporte le plus, puisqu’elle réduit l’amplitude du gonflement.

L’altitude ajoute une charge en ultraviolets et des écarts de température journaliers plus marqués. Le grisaillement y est plus rapide, quel que soit le matériau, et la finition doit être reprise plus souvent. Le sujet est traité en détail pour le mobilier des terrasses d’altitude.

L’accumulation de neige, elle, est d’abord un problème d’eau stagnante et de charge. Une assise horizontale qui retient un tas de neige pendant des semaines reste mouillée longtemps après la fonte. Une pente de quelques degrés et des fentes de drainage règlent le problème mieux que n’importe quel traitement.

Sur un balcon urbain, les contraintes sont différentes : peu de ventilation, beaucoup de rayonnement réfléchi et de poussière. Les choix adaptés à ce cas sont détaillés dans l’article consacré au mobilier outdoor pour balcons et terrasses urbaines.

Ce que le vendeur doit vous dire, en Suisse

L’ordonnance sur la déclaration concernant le bois et les produits en bois, RS 944.021, s’applique depuis 2012. Elle découle de la loi fédérale sur l’information des consommatrices et des consommateurs, et elle donne à l’acheteur un levier que peu de comparatifs mentionnent.

Toute personne qui remet du bois ou des produits en bois aux consommateurs doit indiquer le nom commercial du bois et fournir les indications permettant de retrouver le nom scientifique, ainsi que la provenance, définie comme le pays dans lequel le bois a été récolté. Si le bois ne peut être rattaché clairement à un pays, plusieurs pays peuvent être indiqués ; au-delà de cinq, une zone géographique aussi précise que possible est admise ; et si rien de tout cela n’est possible, la mention « provenance inconnue » peut être utilisée.

L’information doit figurer sur le produit lui-même, à proximité immédiate ou sur l’emballage. Quand l’affichage direct ne convient pas techniquement, des écriteaux sur le rayonnage ou des catalogues sont admis, à condition de rester faciles à consulter et aisément lisibles. Un menuisier qui travaille à l’unité ou en petite série de 50 pièces au plus peut informer par un document commercial joint à l’offre, indiquant pour chaque essence les pays de provenance sur la base de ses achats de l’année précédente. La déclaration doit être faite dans une des langues officielles de la Confédération.

Le Bureau fédéral de la consommation contrôle ces déclarations, par sondages aux points de remise ou par vérifications ciblées. Depuis 2022, lorsqu’il constate une violation, il informe le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, qui ouvre une procédure de droit pénal administratif. L’ordonnance ne s’applique ni aux emballages, ni aux déchets, ni aux produits recyclés.

Séparément, l’ordonnance sur le commerce du bois est entrée en vigueur le 1er janvier 2022, en même temps que la révision de la loi sur la protection de l’environnement. Depuis cette date, le bois issu d’une récolte illégale et les produits fabriqués avec ce bois ne peuvent plus être mis sur le marché en Suisse. Les opérateurs qui mettent du bois sur le marché pour la première fois doivent appliquer un devoir de diligence et tenir à jour un système permettant de prouver que le risque de récolte illégale a été évalué et réduit.

En pratique, devant un rayon : demandez l’essence et le pays de récolte, ils vous sont dus. Une réponse vague sur un produit soumis à déclaration est en soi un signal. Pour aller plus loin sur la traçabilité forestière volontaire, qui est un autre sujet que l’obligation légale, voyez les différences entre les certifications FSC et PEFC.

Comparer honnêtement les deux options

Essence naturellement durable, non modifiée

Elle garde toute sa résistance mécanique et peut donc servir en structure. Elle se trouve en grandes sections. En Suisse, le mélèze est disponible localement, surtout en Valais, aux Grisons et au Tessin, même si les grandes sections régulières restent rares. Le prix dépend fortement de l’essence et du tri.

Ses limites : la classe de durabilité du mélèze et du Douglas, 3 à 4, ne suffit pas pour la classe d’emploi 3.2 sans traitement selon la lecture de Lignum, il faut donc soit rester en situation moins exposée, soit accepter un entretien suivi. Le bois bouge plus, avec fentes et tuilage à la clé. L’aubier présent dans la pièce est en classe 5 quoi qu’il arrive.

Bois modifié thermiquement

Il est beaucoup plus stable dimensionnellement, reste durablement sous le seuil d’humidité qui active les champignons, et ne contient aucun biocide ajouté. Pour du bardage et des lames de terrasse en Thermo-D, c’est un choix techniquement cohérent.

Ses limites : usage porteur exclu, résistance au choc réduite d’environ un quart dans les essais cités, contact avec le sol et l’eau déconseillé, offre limitée en sections et en essences, grisaillement identique aux autres bois sans finition. Le surcoût par rapport à un résineux standard est réel, même s’il se compare avantageusement à certains bois exotiques.

Une troisième voie souvent meilleure

Beaucoup de projets se règlent sans arbitrer entre les deux. Rendre l’ouvrage démontable, prévoir des pièces d’usure remplaçables dans les zones de projection d’eau, décoller le bois du sol, ventiler les jonctions : ces choix coûtent peu et déplacent l’échéance bien plus loin que le passage d’une essence à une autre. La technique du yakisugi relève de la même famille de raisonnement, à savoir modifier la surface plutôt que d’ajouter un produit, avec ses propres promesses et ses propres limites mesurées.

Entretien : ce qui est utile, ce qui ne l’est pas

Nettoyez ce qui retient l’eau. Feuilles mortes dans les rainures, mousse dans les joints, terre accumulée au pied d’un montant : ce sont ces dépôts qui maintiennent l’humidité au-dessus de 20 %, pas la pluie qui s’écoule.

Reprenez la finition avant qu’elle ne disparaisse. Une huile appliquée sur un bois encore protégé demande un simple dépoussiérage. Une huile appliquée sur un bois déjà gris et fibreux demande un ponçage complet, et la teinte ne revient jamais tout à fait. La fréquence dépend de l’exposition, pas du calendrier : une face sud non abritée se reprend plus souvent qu’une face nord sous avant-toit.

Sur du bois modifié thermiquement, tenez compte de la fragilité au choc pendant les travaux d’entretien. Poser une échelle en appui direct sur une lame, forcer sur un chant avec un outil, serrer une vis trop près d’un bord sans avant-trou : ce sont des gestes anodins sur du bois standard qui produisent plus facilement un éclat ici.

Ne comptez pas sur un dégriseur pour réparer une surface dégradée en profondeur. Ces produits agissent sur la couche grisée superficielle. Quand le bois est fibreux et que les échardes apparaissent, c’est du ponçage qu’il faut, puis une finition, ou le remplacement de la pièce.

Pour un mobilier de jardin en essence exotique, la logique d’entretien est encore différente, et l’article sur le mobilier de jardin en teck détaille ce cas. Pour les finitions décoratives sur bois, les méthodes et les précautions d’atelier sont décrites dans l’article consacré aux patines et finitions artisanales.

Erreurs fréquentes

Choisir l’essence avant de définir la classe d’emploi. Le raisonnement se fait dans l’autre sens : la situation en service impose une exigence, l’essence ou le traitement doivent y répondre.

Confondre la classe annoncée et la pièce livrée. La durabilité EN 350 porte sur le duramen. Une lame qui contient de l’aubier contient de la classe 5, même vendue sous un nom d’essence durable.

Traiter le bois modifié thermiquement comme un bois technique universel. Il gagne en stabilité et en durabilité biologique, il perd en résistance au choc, et il est exclu des usages porteurs.

Enterrer un montant. Le contact permanent avec la terre est la classe d’emploi 4, celle où Lignum déconseille le bois non traité et exige une imprégnation profonde. Un pied métallique galvanisé qui décolle le bois du sol résout le problème à la racine.

Compter sur une lasure pour compenser une conception qui retient l’eau. Le traitement de surface est une mesure de rang secondaire chez Lignum, après les mesures constructives.

Accepter un produit sans essence ni provenance. Sur un produit soumis à déclaration, l’information est une obligation du vendeur, pas une faveur.

Questions fréquentes

Le bois modifié thermiquement contient-il des produits chimiques ? Non. Le procédé ThermoWood utilise uniquement chaleur, vapeur et eau, sans ajout de produit chimique, et les changements de structure sont permanents. En revanche, une finition appliquée ensuite, elle, est un produit à part entière et doit être évaluée séparément.

Puis-je l’utiliser pour une pergola ? Pas pour les éléments qui portent. La documentation du procédé indique que ces produits ne sont pas disponibles en bois classé pour la résistance et ne doivent pas être utilisés dans des structures porteuses. Un habillage non porteur est envisageable, la structure doit être en bois classé ou dans un autre matériau.

Le mélèze suisse suffit-il pour une terrasse ? Sa classe de durabilité est 3 à 4. Pour une terrasse non couverte, situation d’humidification prolongée, cela demande une conception drainante irréprochable et un entretien suivi, et une part d’aubier dégrade encore le résultat. Ce n’est pas impossible, c’est exigeant.

Est-ce que ça grise quand même ? Oui. Les ultraviolets provoquent le grisaillement de tout produit en bois laissé sans traitement de surface, y compris modifié thermiquement.

Combien de temps ça dure ? Aucune durée universelle n’est publiée, parce qu’elle dépend de la classe d’emploi, de la conception, de la part d’aubier, de l’exposition et de l’entretien. Les normes raisonnent en classes et en situations en service, pas en années garanties. Une annonce de durée de vie chiffrée sans préciser la classe d’emploi ne veut rien dire.

Où faire tester un bois en cas de litige ? Le laboratoire Cellulose and Wood Materials de l’Empa propose notamment l’analyse qualitative et quantitative des produits de préservation dans le bois traité, des essais de durabilité, des essais mécaniques et liés à l’humidité, ainsi que des essais de vieillissement naturel et artificiel selon EN 927, et l’identification des champignons lignivores présents dans un bois en service.

Sources